Dossier de presse
     
 
  La Presse du mardi 18 novembre 2003
Présence des arts
3 plasticiennes canadiennes à l’espace Caliga
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  En coopération avec l'ambassade du Canada en Tunisie, l'espace Caliga a privilégié cette période de festivités ramadanesques pour programmer une exposition d'envergure.

Depuis le 5 novembre, les peintres canadiens Martine Demers Hafsi, Colette Gendron et Neïla Ben Ayed (tuniso-canadienne qui exposera par ailleurs au Diwan Dar Jeld, demain) nous présentent leurs dernières oeuvres sur les cimaises de cet espace galerie-librairie.

Diplômée en arts graphiques et en philosophie, Colette Gendron s'est consacrée depuis quelque temps entièrement à la peinture.

La peinture : réussir ses règles du jeu

Belle destinée d’artiste que celle de Colette Gendron qui ne cesse, toujours librement, de percevoir et d’admirer, d’exprimer et de chanter la nature. Elle maîtrise des techniques difficiles (entre acrylique et huile), au service de ses dons les plus sûrs.

Elle crée des formes en harmonie avec elles-mêmes, elle enchante le cœur par ses œuvres tendres et sensibles, toujours bien rythmées.

"Ce qui me pousse à peindre c’est le désir de capter et de traduire l’émotion et la sensation d’un instant, d’une heure, d’un jour, d’une saison, d’un temps, voire d’une époque. Cette volonté d’évocation me sert de fil conducteur dans mes choix esthétiques", avoue-t-elle.

Une énergie se dégage des formes et des couleurs illuminant ses tableaux, soutenant ses propos, menant celui qui regarde là où elle désire le conduire. Elle célèbre le miracle des saisons en les réinventant dans ses toiles.

Contemplant ses oeuvres, nous sommes envahis de lumière, de parfums, de couleurs... "Je veux que chaque étape de coloration soit parfaite, même si le hasard pourra en faire disparaître les meilleures parties. Cela fait partie des règles du jeu que j’accepte".
  Cette dimension intemporelle de l'art

Du Québec, elle est passée au Sénégal puis au Pakistan pour s’installer enfin en Tunisie en 1995. Un long parcours donc que celui de Martine D. Hafsi, artiste peintre diplômée en arts plastiques.

Telle une exploratrice de l’invisible, elle peint ce qui est là, sous ses yeux tout en cherchant à révéler l’esprit des lieux, à dégager l’intensité de l’émotion. Dans ses toiles, la nature s’exprime dans sa beauté, à la fois sereine et mélancolique. Et c’est ce mélange subtil d’une plénitude cachant des mystères enfouis, qui donne aux toiles de Martine cette dimension intemporelle. Dans ses œuvres, nous sommes délibérément livrées au monde onirique, au monde magnifié d’un imaginaire somptueux.

En parlant d’elle-même elle avoue: "Je suis classée comme figurative et paysagiste. La nature m’influence beaucoup, elle me fascine, les arbres en particulier, autant un arbre en fleurs qu’une souche ou un vieux tronc usé par la mer. Je puise mes idées et couleurs au gré des balades, des souvenirs, des voyages et en feuilletant un livre".

La vision lucide de l'artiste

Quant à Neïla Ben Ayed, diplômée en arts plastiques de l’université de Montréal, sa technique picturale est sans faille, à la fois directe et précise. Elle traduit sa vision lucide de la nature "naturelle" et humaine.

Ses touches sont posées sans hésitation, avec la sûreté de celui qui va directement à l’essentiel.

Elle peint avec passion lieux et portraits tout en traduisant, sur ses toiles, la pureté des émotions et la sensibilité humaine. Ses portraits baignent dans des halos de lumière en faisant des "prières chaleureuses".

Le visage de la jeune croyante, reconnaissante, se transforme en un portrait celui d’une âme qui s'élève par l’esprit.

Une belle exposition à voir et à revoir jusqu’au 27 du mois courant.

Ronz NEDIM