Dossier de presse
     
 
  La Presse, jeudi 19 juin 2008
Espace Caliga - Les sentiers de la création
"Enfants de toutes couleurs"
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Peu à peu, les galeries se mettent au vert...hélas, elles éteignent les feux de la rampe ou plutôt elles "décrochent" les tableaux un à un.

Ursula Pichler clôt la série d'expositions personnelles de l'espace Caliga. Ses oeuvres (peintures et miroirs, mais aussi fleurs peintes dans des rainures de bois), ainsi que celles de Minka Ben Mahmoud sont consultables sur le site de la galerie et quelques-unes restent sur place. Couleurs profondes dans ce bel espace...


Après être tombé sous le charme des plasticiens confirmés, on voit passer les anges âgés de 7 à 17 ans. Ce sont les élèves du peintre Khaled Turki. Ils seront suivis par les adultes de son atelier dont deux jeunes dames talentueuses (rencontrées ce jour-là... dans l'antichambre de l'art...).

Elles se feront un nom et dès aujourd'hui on nommera Leïla Baklouti et Meriem Hali. L'une était affairée, le jour de notre visite, autour d'une haute et grande demi-face, pareille à un grand masque africain. Elle venait de finir une enfilade mauve de cadres ou de fenêtres...

L'autre décidant l'extinction de la couleur peignait un cadre dans le cadre, un tableau dans le tableau dans une variation de gris entre blanc et noir. Il y avait Hayet aussi...

Mystère renouvelé de la création

Le bon maître ne décrète pas qui sait ou ne sait pas peindre. Il communique sa flamme et sa foi en l'intuition et la couleur. Pourquoi ne pas partir d'elles, de toutes couleurs, puis faire son chemin dans le dessin et les formes ? Ce maître a une longue expérience en école (heureux élèves) et en un atelier sis à Ennasr. Et le talent (les talents) fuse, irradie, resplendit. Chez les enfants, on passe de l'apprentissage par petites touches naïves (l'enfance de l'art) à de belles compositions inspirées des "grands" qu'ils découvrent à l'atelier : Van Gogh ou Turner.

 

Certains résultats sont bouleversants. Pourquoi ne pas réaliser "son" Picasso ? (Meriem voulait peindre "la femme de Picasso"). Pourquoi ne pas inventer, réinventer "sa" peinture ?

Entre le 19 et le 25, on verra et appréciera une trentaine de tableaux d'enfants (dont c'est le premier encadrement, le premier vernissage et la première fierté aussi).

Ensuite, ce seront les adultes qui se soumettront à nos appréciations de visiteurs sévères ou indulgents le 26 juin.

Certains diront que le cadre fait tout le tableau, d'autres que le talent jaillit de toute mise au travail sérieuse, résolue...

Nous avons pu apprécier d'autres élèves de l'Ecole des Beaux-Arts au Damier et d'autres créatrices (le plus souvent), à saluer au passage telle Solange Boutarfa...

Elargir le champ

Pour avoir une idée ample de la production en Tunisie, il suffit de consulter les catalogues de l'exposition annuelle de l'Union des plasticiens (2007 et 2008 - MC Ibn Khaldoun).

Pour ne rien manquer des évènements, se rendre aussi vite que possible au Palais Kheireddine pour la cinquième biennale des arts où la photographie est également à l'honneur.

Faire un crochet "photographique" - et s'offrir un grand détour pour le Sud - à la MC Ibn-Rachiq pour Mohamed El Hedef (jusqu'au 21 juin) qui donne le goût du voyage : "Destination Akarus". Voyage en musique aussi avec le concert de l'orchestre symphonique scolaire et universitaire le 19 juin à 19h00 à Ibn-Rachiq.

Bonne route.


A.M.E.